✏️ Camille L.📅 23 mai 2026📁 Inclusion & handicap

L’Allocation Adulte Handicapé (AAH) 2026 reste l’une des prestations sociales majeures pour les personnes en situation de handicap en France. Depuis l’entrée en vigueur de la déconjugalisation au 1er octobre 2023, le calcul ne prend plus en compte les revenus du conjoint, ce qui a permis à 280 000 bénéficiaires supplémentaires de récupérer leurs droits ou d’augmenter leur allocation selon les chiffres CAF 2024. Le montant maximum de l’AAH s’établit à 1 037,53 € par mois à date de mai 2026 (revalorisé au 1er avril 2026, +3,2 %). Nous proposons ici un guide complet des conditions, du calcul et des démarches pour bénéficier de l’AAH.

Personne handicapée consultant des documents AAH à domicile

AAH 2026 : conditions d’éligibilité

Réponse directe. Pour bénéficier de l’AAH en 2026, il faut cumuler quatre conditions selon le code de la sécurité sociale (articles L821-1 et suivants). Premièrement, être âgé de 20 ans minimum (ou 16 ans si autonomie financière complète). Deuxièmement, résider en France de manière stable et régulière. Troisièmement, présenter un taux d’incapacité de 80 % minimum reconnu par la CDAPH de la MDPH (ou entre 50 et 79 % avec restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi – RSDAE). Quatrièmement, respecter les plafonds de ressources annuels.

Les deux profils éligibles

Le montant de l’AAH en 2026

Le montant maximum de l’AAH à taux plein est de 1 037,53 € par mois depuis la revalorisation du 1er avril 2026 (CAF source). Ce montant est diminué si la personne perçoit déjà d’autres ressources (revenus du travail, pensions, etc.). En 2026, le mécanisme d’abattement sur les revenus du travail permet de cumuler jusqu’à 1 037,53 € + 80 % du salaire jusqu’à un certain plafond, ce qui favorise le maintien dans l’emploi. La déconjugalisation depuis octobre 2023 a supprimé la prise en compte des revenus du conjoint, ce qui était une revendication ancienne du secteur associatif.

Plafonds de ressources 2026

Aide à remplir un formulaire AAH par un travailleur social

Le rôle de la MDPH dans le processus

La demande d’AAH passe systématiquement par la MDPH : Maison Départementale des Personnes Handicapées (Maison Départementale des Personnes Handicapées) du département de résidence. C’est la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) qui statue sur le taux d’incapacité et la reconnaissance de la RSDAE. La décision est prise dans un délai légal maximum de 4 mois (souvent plus en pratique, 6-10 mois dans les départements les plus saturés). Une décision favorable ouvre les droits à l’AAH versée mensuellement par la CAF (Caisse d’Allocations Familiales) ou la MSA (Mutualité Sociale Agricole) pour les ressortissants du régime agricole.

Les pièces à fournir

Les compléments d’AAH

Plusieurs compléments peuvent s’ajouter à l’AAH selon la situation. Le complément de ressources (CR) : 179,31 €/mois supplémentaires si taux d’incapacité ≥ 80 % et incapacité quasi-totale de travailler, soumis à plafond logement. La majoration pour la vie autonome (MVA) : 104,77 €/mois supplémentaires pour les personnes vivant en logement individuel autonome. Le complément de ressources et la MVA ne sont pas cumulables. Pour les démarches de logement adapté, voir notre guide logement social 2026.

Droits annexes liés à l’AAH

Calculatrice et formulaire AAH avec déconjugalisation

Recours et révisions

En cas de refus de la MDPH ou de notification défavorable, plusieurs voies de recours existent. Le recours administratif préalable obligatoire (RAPO) auprès de la CDAPH dans les 2 mois suivant la notification. Le recours contentieux devant le tribunal judiciaire (pôle social) dans les 2 mois suivant la décision RAPO. La saisine du Défenseur des Droits en cas de discrimination ou d’erreur manifeste. Pour préparer ces recours, l’accompagnement d’une association de personnes handicapées (APF France handicap, UNAPEI, AFM Téléthon) ou d’un travailleur social du CCAS et aide sociale est souvent décisif. La révision de l’AAH peut aussi être demandée tous les 1-5 ans selon le taux et la situation. Voir aussi le RSA 2026 conditions et démarches pour articulation avec d’autres aides.

Questions fréquentes

Peut-on travailler tout en touchant l’AAH ?

Oui, et c’est même encouragé par la loi. Le mécanisme d’abattement permet de cumuler AAH + revenus du travail jusqu’à un plafond de 4 950 € de salaire mensuel. Au-delà, l’AAH diminue progressivement. Pour les ESAT (Établissements et Services d’Accompagnement par le Travail), un abattement spécifique s’applique aussi.

L’AAH est-elle imposable ?

Non, l’AAH est totalement non imposable, comme la grande majorité des prestations sociales versées par la CAF. Ne pas la déclarer dans la rubrique « salaires » de l’avis d’imposition. Seuls les revenus du travail éventuels viennent au calcul de l’impôt sur le revenu.

Que change concrètement la déconjugalisation depuis 2023 ?

Avant octobre 2023, les revenus du conjoint diminuaient ou supprimaient l’AAH. Depuis la loi du 6 mars 2023, seuls les revenus de la personne handicapée elle-même sont pris en compte. Cette réforme bénéficie principalement aux personnes en couple : 280 000 bénéficiaires supplémentaires ont récupéré leurs droits selon les chiffres CAF 2024.

Avertissement. Cet article a une vocation informative et ne se substitue pas à l’avis d’un travailleur social qualifié ni aux informations officielles publiées par les organismes compétents (CAF, MDPH, service-public.fr, Préfecture).

Article mis à jour le 23 mai 2026. Sources : CAF — Barème AAH 2026 (caf.fr), code de la sécurité sociale art. L821-1, loi du 6 mars 2023 (déconjugalisation), MDPH portail national.